Notre société s'est construite sur une règle selon laquelle pour gagner plus, il faut écraser les autres et exploiter la nature. La crise économique actuelle montre, s'il en était besoin, à quel point cette recherche égoïste de l'avantage maximal nous mène tous à la catastrophe. Cette démarche du chacun pour soi s'étend à la vie sociale engendrant méfiance généralisée, mal-être et exclusion. On ne compte plus les " sans " : sans-abri, sans papiers, sans domicile fixe, etc. La marchandisation généralisée de la planète par la mondialisation néolibérale a conduit à la mise à sac de notre planète et à l'appauvrissement de nombreux êtres humains au profit de quelques " hyper-riches ".
Nous sommes à la croisée des chemins : soit nous fonçons tête baissée droit dans le mur, soit nous changeons d'orientation. De nouvelles voies sont déjà expérimentées depuis un certain temps et de nombreuses initiatives germent puis grandissent dans différents domaines : relations sociales plus humaines, économie associative, solidaire, de proximité, maniement éthique de l'argent. Ces expériences, souvent peu médiatisées, n'en sont pas moins très intéressantes car elles peuvent encourager chacun de nous à les expérimenter concrètement, en dépassant tous les " faut-qu'on " et les " y a qu'a " ainsi que tous les discours convenus sur la dernière " tarte à la crème " du " développement durable ".
Sans la diaboliser, il faut remettre l'économie toute puissante, qui a envahi toute notre vie, à sa place. Nous voulons développer une autre économie vraiment au service des êtres humains et respectueuse de notre planète et pas l'inverse.
Les scandales récents de l'immobilier et de la crise bancaire généralisée ont montré à quel point notre système financier mondial repose sur du vent. On parle d'ailleurs de bulles spéculatives. Comment relier à nouveau l'argent à l'économie réelle (environ 95 % A vérifier de l'argent qui circule sur terre ne correspond à aucune économie réelle) ?
Comment, loin des discours convenus, développer un maniement plus conscient et plus éthique de l'argent ? Des banques alternatives, des monnaies régionales, des projets de revenu universel et d'autres formes d'échange de valeurs ont été créées dans différents pays ; elles permettent à chacun d'échanger de manière plus transparente et solidaire.
Les scandales alimentaires se succèdent ces derniers temps (vin italien frelaté, huile alimentaire à l'huile de voiture, lait à la mélamine, etc.). Dans ces cas, on exige plus de réglementation, plus de contrôle. Mais cela suffit-il ? Ne faut-il pas chercher la source de tels scandales ? La demande de produits à prix toujours plus bas (le discount qui écrase tout) n'est-elle pas la cause de ces scandales ?
On prétend souvent que les produits bios sont trop chers, mais trop chers par rapport à quoi ? De nombreuses personnes dépensent aujourd'hui plus pour leur voiture (le litre d'essence coûte le double du litre de lait) ou leurs communications (portables, internet, etc.) que pour leur alimentation ? Quel est le juste prix ?
Comment garantir un accès à une alimentation saine à tous ? Ne faut-il pas d'urgence relocaliser l'économie et surtout la production agricole ?
Là aussi des initiatives émergent : fermes associatives, AMAP, jardins collectifs, jardins urbains germent dans différents pays.
L'agriculture bio, si elle ne veut pas se limiter à une simple méthode naturelle, doit aussi expérimenter et développer d'autres formes d'entreprises avec des relations plus humaines entre les producteurs et les consommateurs qu'ils soient au sud ou au nord. Comment remettre de l'humain dans les relations ? Comment entreprendre autrement ? Comment cultiver des relations de confiance, non-violentes au quotidien, que ce soit dans les relations sociales et dans les rapports économiques ?
Nous voulons montrer qu'il existe déjà de nombreuses pistes de solution encore trop peu connues dans les différents domaines…
Votre présence à la 28ème édition de la foire enrichira les débats et permettra d'échanger sur ces différents thèmes : une économie au service de l'homme, une bio accessible à tous, entreprendre autrement.
Après avoir invité l’Autriche en 2008, c’est encore un pays proche que nous invitons cette année avec notre
voisine la Suisse.
Pays de montagne, elle connaît un développement de l’agriculture bio tout aussi important que l’Autriche
puisque 121 000 hectares, soit 11,3% du total de sa surface, sont cultivés en bio (pour rappel : seulement
2% le sont en France).
Et le reste de son agriculture pratique la production intégrée, plus respectueuse de l’environnement que notre
agriculture conventionnelle.
Parmi les facteurs qui ont permis ce développement, il faut citer :
• la politique suisse qui soutient depuis longtemps la bio et les mesures environnementalistes avec des
primes élevées
• l’existence d’un institut de recherche en agriculture biologique (l’IRAB/FiBL, www.fibl.org) qui est le
plus grand institut de recherche agronomique exclusivement consacré à la bio dans le monde.
• la chaîne de distribution suisse Coop qui, depuis de nombreuses années, met toujours en avant
les produits bio dans ses rayons et dans ses publicités et investit des millions dans la recherche en
agriculture bio.
• des associations d’agriculture bio et bio-dynamiques vitales, avec deux marques de producteurs
réputées : Le Bourgeon et Demeter.
Un stand commun des associations suisses bio et bio-dynamiques ainsi que de l’IRAB vous permettra de
découvrir sur place la Suisse bio et de déguster ses produits.