L’écologie a le vent en poupe et devient enfin un enjeu majeur pour notre société, 30 ans après notre 1ère foire : nous ne pouvons que nous en réjouir !
Mais ne soyons pas naïfs, des transformations, des métamorphoses sont encore nécessaires et la « vague écolo » ne peut se réduire à des mots ou des messages publicitaires sur des marchandises repeintes en vert: un produit d’entretien avec une étiquette verte, et tout le monde est rassuré ! Deux ou trois mots porteurs dans un discours politique et le tour est joué !
Nous ne pouvons pas nous contenter de ces messages masquant une trop grande dépendance de l’être humain à la marchandisation, tout en surfant sur la sensibilité de chacun à son environnement, nous poussant vers toujours plus d’individualisme au détriment de la dimension collective. On nous vend que le bonheur s’achète, alors qu’il se vit. Aujourd’hui des signaux peuvent nous alerter et doivent nous préoccuper : la pollution des sols, réchauffement
climatique, inégalités croissantes entre les peuples, entre hommes et femmes d’un même pays, les préoccupations sur notre santé et celle de nos enfants, l’avenir…
L’écologie, littéralement « science de la maison », est fondée sur les relations des vivants entre eux et avec leurs milieux. Les relations ! N’est-ce- pas justement là le nouveau chemin à explorer :
Revivre le mot solidarité dans sa dimension de lien d’engagement et de synergie entre nous pour une communauté de destins : au sein d’un quartier, d’un village, d’une entreprise, d’une nation, d’une planète…
Notre rapport à la nature ne peut se réduire à des ressources naturelles à exploiter ou à des ennemis à éliminer (microbes, mauvaises herbes, animaux nuisibles). Des éléments naturels tels que l’eau, les semences… ne peuvent devenir la propriété de quelques uns pour leur propre profit. Cette nature doit être protégée et demeurer la propriété de tous à destination de chacun selon ses besoins sans une financiarisation systématique. La nature n’est ni amie ni ennemie. Elle est un tout dont chaque être vivant fait partie, avec ses besoins et ses attentes propres. Elle ne doit pas être façonnée et mise au service de quelques décideurs. Une vie est à repenser, à retrouver : passer de la dimension de concurrence à une dimension de complémentarité. De nouvelles formes de relations apparaissent donnant du sens à notre vie ensemble en évitant la peur de l’autre. Co-construire notre avenir plutôt que de le conquérir individuellement en trouvant des réponses ensemble pour limiter le stress, l’angoisse, l’exclusion qui engendrent la violence. Qui a la légitimité pour décider que certains peuvent avoir plus, et tant d’autres disposer de moins ? Chacun a sa place et son importance dans la société. C’est sur ces valeurs porteuses de changement, de transformation que nous proposons aux visiteurs : des conférences, des ateliers, des séances cinéma, des rencontres d’hommes et de femmes qui proposeront leurs produits. Un groupe de bénévoles et d’associations vous invite pendant 5 jours à vivre ensemble, en famille, entre amis, entre voisins, dans la bonne humeur et la fête.
Dès les années 1920, l’agriculture biodynamique qui est une des sources de la bio actuelle (et est toujours pratiquée par des paysans partout dans le monde) fondée par le philosophe humaniste autrichien R. Steiner se développe en Allemagne sur des fermes de moyenne et grande taille.
Plusieurs milliers d’hectares sont déjà cultivés en bio-dynamie dans les années 1930 en Allemagne. D’autres pionniers en Suisse de langue allemande comme Muller et Rusch apportent aussi des impulsions pour l’agriculture biologique dès les années 30. Cependant la 2° guerre mondiale stoppe cet élan. Après la guerre, l’agriculture bio recommence sur de plus petites fermes et connaît un bel essor à partir des années 1970. Les années 1980 seront marquées par l’intégration de recherches sur la bio dans les universités d’agronomie allemandes qui apportent de nombreux éléments pour la bio mondiale. Il existe aussi une faculté d’agronomie 100 % bio à Kassel-Witzenhausen, ce qui est loin d’exister en France. Puis, dans les années 2000, le fort soutien politique de la bio par la ministre verte Renate Künast permet un puissant développement de la bio pour arriver à plus de 21000 producteurs en 2009 (soit 5,6 % de la surface agricole utile ; pour rappel, 2,46% en France).
L’Allemagne est et reste aussi le principal débouché pour l’alimentation bio en Europe, comme en témoigne le fait que la grande foire de produits bio Biofach a lieu chaque année en Allemagne. Cependant, le soutien politique n’étant plus aussi affirmé, cette avance diminue face à la France, l’Italie, etc. qui connaissent aussi un bon développement ces dernières années.
L’Allemagne est aussi exemplaire dans son avancée sur les énergies renouvelables puisqu’elle compte un tiers du parc éolien du monde et alimente près de 5% de sa population grâce à cette énergie. Les autres énergies renouvelables ne sont pas en reste : au total, elles représentent 10,2 % de l’électricité produite, éolien en tête suivi par l’hydraulique, la biomasse et le photovoltaïque. Et le gouvernement allemand veut faire encore mieux puisqu’il a décidé d’approvisionner à 100% le pays en énergie renouvelable d’ici 2050.
Un abandon progressif de l'énergie nucléaire avait été décidé par le gouvernement de Schröder en juin 2000. Cette politique fut remise en question par les gouvernements suivants et, au lendemain de l'accident de Fukushima, l'Allemagne a annoncé sa volonté de renoncer au nucléaire. Une sortie que le pays entend réaliser de façon accélérée. Le 15 mars, Angela Merkel avait crée la surprise en ordonnant la fermeture immédiate des sept plus anciens réacteurs du pays, dont un tiers de l'électricité est aujourd'hui produite par les centrales nucléaires allemandes.
La majorité des exploitations bio en Allemagne font partie d’associations de producteurs dont les plus importantes et pionnières sont Bioland et Demeter, suivies entre autres, de Naturland, Biokreis, ECOVIN-Bundesverband Ökologischer Weinbau, Gäa, Ecoland und Biopark.
Ces associations seront non seulement présentes lors de l’inauguration pour témoigner de leur expérience mais il sera également possible de les rencontrer tout au long de la foire sur leur stand. En effet des viticulteurs, des maraichers et des producteurs de plants de légumes nous feront découvrir leurs produits.
Pour marquer notre volonté de sortir du nucléaire et de développer les énergies alternatives et les économies d'énergie, nous demandons aux visiteurs d'apporter des boîtes de conserve vides. Elles seront habillées de jaune et noir et du sigle des antinucléaires. Elles formeront une pyramide, symbole de notre refus du nucléaire. 
Débat animé par Jean Pierre Frick en présence de nombreux élus de la région et de responsables d'associations antinucléaires.